mercredi 23 avril 2014

Révolution par Gérard Gelé

De la crise des finances publiques que l'Etat ne parvient pas à résoudre au mille-feuilles territorial, les points communs ne manquent pas entre la situation actuelle et la période qui a précédé la Révolution française. 
En 1788, Louis XVI se montre incapable de vaincre les résistances internes qui bloquent les indispensables réformes. Au centre de celles-ci, la réforme fiscale occupe la même importance qu'aujourd'hui ...
Bien entendu, les points communs avec 1789 suscitent des commentaires fréquents.
Il y a d'abord cette immense crise des finances publiques que l'Etat ne parvient pas à résoudre. On ne dira d'ailleurs jamais assez que le crise des années 2010 est bien plus grave que la crise des années 1780. L'Etat de Louis XVI dépensait en moyenne 25% de plus que son budget annuel. Cette proportion s'élève aujourd'hui à plus de 30%, avec près de 90 milliards de déficit sur des recettes de 300 milliards.

Il y a ce mille-feuilles territorial qui morcelle l'Ancien Régime et rend le pays ingouvernable, comme dans la France d'aujourd'hui.
Il y a aussi cette déliquescence du pouvoir central, qui semble impuissant à reprendre la main sur le désordre ambiant. En 1788, Louis XVI se montre incapable de vaincre les résistances internes qui bloquent les indispensables réformes. Au centre de celles-ci, la réforme fiscale occupe la même importance qu'aujourd'hui: l'impôt de l'Ancien Régime ne mobilise pas les vraies ressources du pays et est vécu, comme injuste et inefficace.
Il y a ce mille-feuilles territorial qui morcelle l'Ancien Régime et rend le pays ingouvernable, comme dans la France d'aujourd'hui. Dans leur grande sagesse, au fond, les Jacobins avaient compris que la géographie administrative française n'était viable que dans un Etat très centralisé. C'est la décentralisation voulue par la gauche en 1981 qui a fait le lit de la décision publique.
Il y a enfin cette réaction nobiliaire qui poussait les élites à se figer sur les positions les plus conservatrices, quand il fallait, pour sauver l'Ancien Régime, faire de la place aux gens nouveaux, aux roturiers, aux entrepreneurs, aux banquiers. De façon ironique, ce sont d'ailleurs les gens nouveaux d'hier qui sont devenus les aristocrates d'aujourd'hui. 
Cette tribu de hauts fonctionnaires sortis de l'ENA et des grandes écoles, de bourgeois héritiers médiocres prêts à sacrifier l'avenir du pays pour défendre un patrimoine qu'ils sont incapables de faire fructifier en respectant les lois du marché. 
En 1789, la multiplication des clubs, et singulièrement le développement de la franc-maçonnerie, brisaient les parois étanches entre classes sociales et espaces géographiques pour produire la première mondialisation de l'action politique. Aujourd'hui, c'est Internet qui met n'importe quel Français en contact immédiat avec n'importe qui d'autre dans le monde. Cette formidable immédiateté dans la transmission de la pensée et des idées bouleverse l'ordre social traditionnel.
Second trait, souligné par Tocqueville dans l'Ancien Régime et la Révolution: les révolutions naissent de l'improvisation, et non d'un acte conscient et concerté. C'est la force des choses qui entraînent un peuple dans une révolution, dont la conscience est toujours rétrospective.  Au fond, la grande ressemblance entre la France d'aujourd'hui et celle de 1789 est qu'une révolution y est tout aussi possible qu'improbable.
Au boulot ! Reste à faire  16 réformes ! chacune d’elle c’est pour le gouvernement mission impossible…   

Pour le moment des rustines, du rabot, on racle les fonds de tiroirs…
Le CICE ! A revoir… ?
Le choc de simplification !
Le pacte de confiance ?
Le pacte de solidarité !
La réforme fiscale ?
La réforme territoriale ( régions départements ) ????
La réduction de la dette !
La compétitivité des entreprises ?
La réforme pénale !
La réforme de l’Europe ?
La réforme des déficits ! 3 % !
La réforme du code du travail ?
La réforme de la sécurité sociale ! Le trou !
La réforme de l’assurance chômage ! Etc… ?
La réforme égalitaire des retraites ( privé public régimes spéciaux ) !
Les 50/80 Milliards d’économie……………….. ? ou ça fait très mal
Bref y’a du boulot !!!

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Et rien ne changera puisque les 18% qui restent à Moije ce sont ce qui devrait faire des efforts

Encopeaux a dit…

Ce qui est certain c'est que ce coup de rabot va s'avérer d'une rare inutilité et surtout particulièrement néfaste pour la France des contribuables !
Les dépenses publiques ont augmenté en 2013 et les fonctionnaires sont 15000 de plus ! Que faire ?
Un coup de rabot magique soit un peu moins de pouvoir d'achat pour tout le monde ... le résultat est facile à deviner.

Populiste a dit…

Le salut devait venir de l’Europe!Mais comme disait le Général,il ne suffit pas de sauter comme un cabri sur son siège en criant l’Europe l'Europe l'Europe.

Anonyme a dit…

A propos de l'Europe, il faudrait nationaliser l'urssaf et réapprovisionner les distributeurs de sacs à caca pour chiens, pour le reste, chaque chose en son temps.