jeudi 10 octobre 2013

Le budget de l'état en 7 Questions-Réponses par RCS

Louis le Quatorziéme disait " L'état c'est moi ! "
" Bien sur votre Majesté ", aurions-nous pu oser lui dire " Mais qu'en est-il de votre royal budget ? "
Il est un régal dont je ne me lasse pas c'est d'accepter avec gourmandise les dons que me font au travers des routes, de lycées ou de collèges, les présidents de conseils généraux ou régionaux et même de l’Élysée. 
Qui n'a pas lu un jour cette phrase magique : 
ICI POUR VOUS le Département, la région ou l'état investi

Oui mais avec quel budget ? Et de quoi est composé celui de l'état justement ?

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1. Qu’est-ce que le budget de l’Etat ?
C’est le document qui ­recense avec précision l’ensemble des recettes et des dépenses annuelles de l’Etat. Il est adopté tous les ans par le Parlement dans le cadre de la loi de finances initiale (LFI). En 2013, les recettes ont été fixées à 312 milliards d’euros – dont 141 issus de la TVA et 72 de l’impôt sur le revenu – et les dépenses à environ 374 milliards. Les 62 milliards d’écart représentent le déficit, qui est financé par des emprunts (pour connaître le montant du déficit des principaux de pays de la zone euro, cliquez ici ).
L'analyse de Benoit Tricard, enseignant-chercheur à Neoma Business School : Quelle différence entre le budget de l'Etat et celui d'une entreprise ?

2. Les impôts sont-ils la seule recette de l’Etat ?
Non, il dispose aussi de ressources propres, comme les dividendes versés par les ­sociétés publiques, les revenus générés par ses propriétés immobilières ou encore le produit des amendes. Mais ces rentrées restent marginales : l’an dernier, elles n’ont rapporté que 14 milliards à la nation.

3. Le budget de l’Etat couvre-t-il toutes les actions publiques ?
Loin de là. Les prestations sociales (santé, retraites, allocations familiales…) et les recettes qui y sont affectées (cotisations sociales, CSG, taxes sur le tabac…) sont retranscrites dans un autre budget, celui de la Sécurité sociale. Il est voté lui aussi tous les ans par le Parlement et est encore plus imposant : en 2012, 470 milliards d’euros de dépenses y ont été inscrits. Les collectivités locales, qui dépensent chaque année de leur côté plus de 200 milliards, disposent aussi de leurs propres budgets. Mais c’est celui de l’Etat qui con­cen­tre toutes les attentions.

4. Pourquoi est-il si important ?
Parce qu’il détermine toute l’action du gouvernement pour les douze mois à venir : quelles missions seront privilégiées, quels ministères sacrifiés, combien de fonctionnaires embauchés, quelles catégories sociales frappées par les nouveaux impôts… Aucun texte n’a de répercussions aussi fortes que la loi de finances sur la vie quotidienne des ­ménages, des administrations et des entreprises.
Voilà pourquoi l’élaboration de cette dernière, au cœur des réseaux d’influence, des intérêts et des lobbies de toutes sortes, constitue l’acte politique majeur de toute équipe gouvernementale. Ce n’est pas un hasard si dans l’Ancien Régime, en France comme chez nos voisins, la première exigence des Parlements naissants a été de pouvoir contrôler les finances du royaume. Mais le budget de l’Etat est aussi un formidable outil de politique économique, qui permet d’orienter la conjoncture du pays tout entier dans un sens ou dans l’autre.

5. Comment ce mécanisme joue-t-il ?
C’est très simple à comprendre. Si le législateur opte pour un budget de rigueur, avec une forte hausse des impôts et un blocage des dépenses, la consommation et l’investissement s’en ressentiront immédiatement, la croissance ralentira et le chômage grimpera. On parle alors de politique budgétaire restrictive. A l’inverse, si l’on choisit de laisser filer la dépense publique sans la couvrir par de nouveaux prélèvements, les acteurs économiques auront plus d’argent en poche et l’activité s’en trouvera mécaniquement dopée.
En général, la gauche, dont la clientèle électorale est largement constituée de fonctionnaires, est plutôt favorable aux budgets généreux, alors que la droite veut se montrer plus rigoriste. Mais, dans la réalité, les deux camps sont pareillement drogués à la dépense publique, et ils mènent depuis des décennies la même politique laxiste. Nous en payons aujourd’hui le prix fort.

6. Pourquoi ?
Parce que les déficits, comme les arbres, ne ­peuvent grimper jusqu’au ciel ! Depuis trente-deux ans, pas un seul des budgets votés dans l’Hexagone n’a été à l’équilibre. Lorsque la croissance est en berne ou que la récession menace, laisser volontairement ­déraper les dépenses de l’Etat pour donner un coup de fouet à l’économie peut parfaitement se justifier. C’est même ce que recommandent la plupart des économistes. Mais poursuivi de façon chronique, le laisser-aller budgétaire aboutit immanquablement à la catastrophe, les Grecs peuvent aujourd’hui en témoigner.
Nous n’en sommes pas ­encore là, mais nous en ­approchons : l’an dernier, le seul paiement des intérêts de nos emprunts a englouti près de 47 milliards d’euros, l’équivalent du budget de l’Education nationale. Voilà pourquoi, même en augmentant beaucoup les impôts, le gouvernement peine tant à ramener nos finances à l’équilibre, comme le lui commande l’Europe.
>> Pour connaître le montant du déficit des principaux de pays de la zone euro, cliquez ici

7. Comment le budget est-il élaboré ?
Son adoption par le Parlement en décembre est l’aboutissement d’un fastidieux processus qui commence près d’un an plus tôt. Dès février, les experts de Bercy lancent les premières réunions techniques. Le mois suivant, Matignon publie une «lettre de cadrage» définissant les grandes ­options du prochain budget. Pendant tout le printemps suivant, les ministres viennent un par un à Bercy pour négocier leurs crédits, en sollicitant le cas échéant l’arbitrage du Premier ministre. En septembre, le projet de loi de finances est enfin présenté à l’Assemblée, puis débattu pendant tout l’automne avec le dépôt de centaines d’amendements.
Ce long processus n’est pas un chemin de roses. Il est souvent émaillé de tensions et de psychodrames, comme l’affaire des «pigeons» l’an dernier – le gouvernement avait été contraint d’abandonner un projet de hausse d’impôt pour les dirigeants de start-up – ou le limogeage en juillet 2013 de la ministre de l’Environnement, Delphine Batho, qui avait contesté publiquement la baisse de ses crédits.

 Philippe Eliakim pour Capital.fr

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Il ferait bien d'investir dans des réveils ou des traducteurs de consigne de vote plutôt que dans des tablettes !! En lisant cet article je suis partagé entre joie pour les retraités, colére pour la piètre image que les godillots de moajeu donnent du parlement ( je croyais que c'était Sarko qui la dégradé mais bon ) http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/10/10/retraites-les-deputes-suppriment-a-la-surprise-generale-le-report-de-revalorisation_3492865_823448.html

Anonyme a dit…

Le gouvernement socialiste et la gauche osent tout, ils n'ont plus aucune limite:

même s’attaquer aux anciens combattants !

Le gouvernement aux abois vient de s’en prendre à une population à laquelle personne n’avait jusqu’à ce jour osé s’attaquer : les anciens combattants, victimes de guerre et pupilles de la Nation.

Ils ont droit à une pension d’un niveau modeste, 1.739 € par an en 2013 au maximum, pour laquelle l’État contribue à un niveau allant de 12,5 % à 60 %. Le projet de loi de finances pour 2014 ramène à 20 % cette majoration. Il fallait oser…

On en attend 10 millions d’économie en 2014 et 30 millions en 2015.

Parallèlement, on vient d’inventer une nouvelle alloc’ de 434 € par mois au profit des cancres de moins de 25 ans trop illettrés pour pouvoir postuler à un « emploi d’avenir » (emploi aidé par des fonds publics) pour lequel il convient de manier la langue correctement, les chiffres, l’orientation géographique, et donc une claire expression orale afin de satisfaire aux demandes, même basiques.

On expérimente la chose sur 10 000 jeunes : si on calcule bien, cela fait quand même quelque 52 millions d’euros.

Les anciens combattants et les pupilles de la Nation n’y suffiront pas.

Anonyme a dit…

on croit rever, ils se sont trompés de bouton. Comment peut on continuer à leur faire confiance ?
Inouî, du jamais vu !

Dark va dehors a dit…

L'incompétence et la nullité de la politique des jumeaux UMPS nous a amené la ou nous en sommes aujourd'hui.

PS ou UMP, ils sont pareils, des clones.

Pourtant avec du courage d'autres politiques sont possibles, des solutions il y en a, mais les politiques UMPS qui nous dirigent depuis trop longtemps sont des laches.

La léthargie des gouvernements successifs, de gauche comme de droite, face à des mafias en col blanc est flagrante, nos gouvernements se sont "couchés" face à la grande finance.

L'Etat doit arrêter d'harceler le petit patron qui a 1 mois de retard sur le paiement de son Urssaf ou l'employé qui a oublié une pièce justificative dans la déclaration de son impôt sur le revenu.

L'Etat doit s'attaquer aux vrais fraudeurs, aux voleurs de la République.

Alors il sera possible de baisser l'impôt de tous.
Sur les 60 milliards d'euros perdus chaque année à cause de la fraude fiscale, il est possible d'en récupérer 20 milliards très rapidement.

Depuis son arrivée au pouvoir, François Hollande a augmenté de 30 milliards la pression fiscale! Cette pression s'applique toujours sur les mêmes : les PME et les honnêtes gens qui paient leur impôt rubis sur l'ongle.
Si on s'attaquait aux grands fraudeurs et aux escrocs, on pourrait baisser l'impôt des Français tout en diminuant le déficit.

L'ambigüité des gouvernements, leur duplicité pour ne pas dire leur complicité dans les affaires HSBC, UBS, Wildenstein, Falciani etc.....est scandaleuse.

On peut mesurer le retard et le dénuement de l'administration fiscale française par rapport aux Etats-Unis, à l'Allemagne ou même la Belgique.
En définitive l'arbre Cahuzac cache une forêt et le système UMPS nous abuse, ils ne s'opposent pas, ils sont complémentaires et complices.




Anonyme a dit…

Ma mamy s'est laissée dire que la
1/2 part fiscale pour veuve ancien combattant allait être supprimée, c'est en projet, c'est scandaleux !

nicole grenet a dit…

http://www.youtube.com/watch?v=xjh3kgZVqrI

c'est toujours d'actualité