mercredi 18 septembre 2013

EDF : 10% de hausse, 0% de réforme par RCS

Alors que les tarifs augmentent, nous entendons ça et là différentes explications suivant l'affection que l'on apporte à l'atome.
Pour les antis cela provient du cout des démantèlements, pour les pros aux éoliénes et autres énergies renouvelables subventionées.

© REA
Mais quand est-il réellement de ces hausses ?
Capital nous en dit un peu plus :

" Au lieu de tailler dans les coûts et de réduire les nombreux avantages dont profitent ses agents, l’électricien va nous assommer avec une majoration de ses tarifs.
 
Notre mastodonte aurait ainsi pu commencer par améliorer sa productivité. Certes, il a lancé cette année un plan d’économie de 1 milliard d’euros. Pour l’essentiel, ces réductions de coûts sont réalisées sur les achats. Par exemple, sur la négociation des contrats de gaz. Si louables qu’ils soient, ces efforts ne suffisent pas. Fort de sa position de champion du monde dans le ­business électronucléaire, EDF pourrait aussi améliorer les performan­ces de ses centrales. Leur taux de disponibilité dépasse rarement les 80% (soit environ 295 jours de fonctionnement dans une année), loin derrière GDF Suez (88%) ou les concurrents américains (90%). Les arrêts de maintenance et de rechargement des réacteurs français sont mal maîtrisés et dérivent souvent d’une semaine ou deux, du fait notamment d’une formation insuffisante des sous-traitants. Si aucun des 919 incidents relevés par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) l’an dernier n’a présenté de risque sérieux, la plupart ont entraîné un arrêt temporaire parfois assez long, comme à Paluel et à Penly, en Seine-Maritime.
Enfin, les con­flits sociaux restent trop fréquents, comme le pointe l’ASN à propos de Cruas, en Ardèche, un site paralysé pendant plusieurs semaines en 2012. Du coup, ces dix points de retard en disponibilité se traduisent par un man­que à gagner de 2 milliards d’euros pesant sur le résultat brut d’exploitation.

La direction aurait pu aussi tailler dans ses effectifs pléthoriques. Mais au lieu de profiter des départs à la retraite, EDF les a encore accrus de 7,5% au cours des deux dernières années (129 328 salariés français à fin 2012). 

Les centrales nucléaires ? Elles mobilisent 21 200 agents sur le terrain con­tre seulement 17 500 en 1998, soit 59 blouses bleues de plus par réacteur qu’il y a quinze ans (366 contre 307), sans compter, bien sûr, un nombre équivalent d’opérateurs employés sur place par les sous-traitants.

Est-ce la sécurité qui justi­fie l’emploi de tout ce monde ? ­Plutôt la paix sociale : d’abord, l’électricien est passé aux 35 heu­res, et même souvent aux 32 heu­res hebdomadai­res, ce qui a grandement désor­ganisé le pilotage des sites. Selon nos calculs, la production annuelle par salarié d’EDF est ainsi de 4 gigawattheures, con­tre par exemple 7,5 chez la filiale belge de GDF Suez, Electrabel.

Pour ne rien arranger, l’entreprise, en quasi-monopole en France où elle réalise 54% de son activité, n’entreprend aucune réforme pour au moins ramener dans le droit commun les avantages de son personnel. Selon un rapport de la Cour des comptes de février dernier, les salaires d’embauche des seuls techniciens sont de 16 à 26% plus élevés que le Smic, et ils progressent très rapidement. Le salaire brut moyen atteignait 3 038 euros en 2012, contre une moyenne nationale à 2 410 euros. Il faut dire que la fiche de paie des électriciens a progressé de 23,6% entre 2006 et 2010, alors que ­l’inflation ne dépassait pas les 7,8%. Et ces augmentations ne risquent pas d’être dilapidées dans leur facture énergétique : pour eux, le courant est quasi gratuit. Soit un manque à gagner de 381 millions d’euros en 2010, dernier chiffre officiel.


Et puis, le consommateur a fini par l’oublier, mais sur sa ­facture figure, depuis 2004, une singulière «contribution d’acheminement tarifaire». Derrière ce jargon se cache une taxe sur l’abonnement EDF, qui sert à financer les retraites de ses salariés. Soit une ponction de 1,14 milliard d’euros en 2012. Grâce à ce dispositif exotique, les veinards ont la possibilité de décrocher dès 55 ans avec une pension moyenne d’environ 2 500 euros, selon les calculs de l’association Sauvegarde Retraites, alors que les anciens salariés du privé doivent se con­tenter de 1 166 euros par mois.

Derrière EDF se cache bien sûr l’Etat, un actionnaire (85%) à l’insatiable gourmandise. Pas question ainsi de réduire temporairement les dividendes pour les réinvestir dans l’outil de production : en début d’année, EDF a distribué 70% de son bénéfice net 2012, soit pour l’Etat une manne de 1,9 milliard d’euros. Une somme qui vient s’ajouter aux 11 milliards que Bercy perçoit en impôts et taxes. En comparaison, le taux moyen de distribution des sociétés du CAC 40 n’a pas dépassé 43%
«Dans les pério­des de va­ches maigres, certai­nes versent beaucoup moins, voire presque rien, comme STMicroelectronics ou le Crédit agricole», observe Yann Le Fur, du site financier Vernimmen. Pour ceux qui n’auraient pas compris, la hausse de 5% risque de s’évaporer un peu avant d’arriver dans nos Cocotte-Minute nucléaires.

Le financement des compteurs intelligents reste assez flou
ERDF, la filiale distribution d’EDF, vient de lancer l’installation de 35 millions de compteurs intelligents (Linky). Estimée à 5 milliards d’euros (150 euros le compteur), l’opération sera financée, ­selon ­l’entreprise, grâce aux économies générées par l’adoption de ce nouveau matériel. Linky affichera la consommation et la transmettra en temps réel à EDF, qui ajustera ses factures en conséquence. Relié
à ­Internet, le compteur détaillera la consom­mation de chaque ­appareil ménager et ­permettra de les mettre en marche à distance avec un téléphone ­portable. Il participera à la régulation du réseau en informant l’appareil de production de la ­demande instantanée du foyer ou des quantités de courant produites par ses propres panneaux photovoltaïques, qu’il reverse dans la boucle locale."



Etienne Gingembre



1 commentaire:

Anonyme a dit…



Pour commencer, notre facture d’électricité pourrait être diminuée d’environ 12% immédiatement : 1% tombe directement dans l’escarcelle du Comité d'Entreprises d’EDF administré par la CGT, soit 8 fois la dotation moyenne des CE de droit commun. Et 11 % de la facture vont à la CSPE, taxe à l’intérêt discutable destinée « à la cogénération et au développement des énergies renouvelables » (mais aussi la solidarité avec les territoires d'outre-mer dits "systèmes électriques insulaires"). L'Allemagne, qui a quelques années d'avance sur nous dans cette direction, fait face à un renchérissement brutal de l'électricité qui plonge plus de 600.000 familles dans la détresse énergétique. Pour une fois, ne pas suivre l'exemple allemand serait sage !

La majorité socialiste-écologiste veut augmenter le coût de l’énergie au travers de taxes pour forcer les Français à changer leurs comportements. Paradoxalement, élections obligent, le pouvoir souhaite limiter la hausse du prix de l’électricité qu’exigeraient les réalités économiques, l'évolution du prix des matières premières et la fin de vie de nos centrales nucléaires vieillissantes (100 à 120 milliards dans les 10 prochaines années): quelle incohérence ! Au final, le prix de l’énergie relève d’un arbitraire préjudiciable aux ménages mais aussi aux entreprises qui ne peuvent anticiper les décisions politiques futures, instables et opaques, autour de l’énergie.

Il faut rendre le prix de l’électricité transparent dans un marché concurrentiel offrant une énergie au meilleur prix. Le CE d’EDF doit s’aligner sur l’ensemble des CE. Abandonner la CSPE, ruineuse à l’utilité contestable. Il faut libérer totalement le prix de l’électricité sur un marché réellement concurrentiel en soulageant immédiatement, en compensation, la facture des consommateurs de ces 12% injustifiables.