samedi 3 août 2013

Politiques, hauts fonctionnaires, grands patrons, lobbys : qui sont ceux qui dirigent la France ? par RCS

Alors que la cloche a sonné et que cela signifie mais oui mais oui....

L’exécutif est en vacance, pas trop loin, mais en vacance.

En effet  après un dernier Conseil des ministres ce vendredi, François Hollande et les membres du gouvernement prennent leurs congés. Mais le chef de l'Etat a indiqué qu'il ne voulait pas de "vacance du pouvoir" car il est "hors de question de donner l'impression qu'il se repose" quand les Français souffrent de la crise.
Pourtant, dans un édito paru cette semaine dans le Point, Nicolas Baverez compare François Hollande au Gamelin de la guerre économique. "Le chef de l'Etat ne dirige rien comme le général dont la stratégie fit battre le pays en 1940."
En quoi la comparaison peut-elle être appropriée ?


Au travers d'un entretien Éric Verhaeghe et Hervé Joly tentent d'apporter une réponse à la question : Qui gère, avec l'argent des contribuables l'état ?


Éric Verhaeghe : Pour dire vrai, je classerais volontiers Nicolas Baverez lui-même dans les officiers d'état-major qui analysent les raisons de la défaite sans réellement agir pour l'éviter. Mais la formule en elle-même me parait justifiée : la France de 2013 souffre de maux comparables à ceux de la France de 1938. En particulier, l'incapacité à réformer l'Etat, l'incapacité à dégager une perspective d'avenir large et ambitieuse, et cette obsession de la politique partisane avec des règlements de compte à n'en plus finir (à droite comme à gauche), sans vision pour le pays, tout cela nous rappelle les causes de la défaite de 1940 : un pays vieillissant, dominé par une élite usée et sclérosée, un contexte international marqué par une crise d'ampleur dont personne ne sait comment sortir.

Il me semble toutefois qu'un certain nombre d'éléments rendent la comparaison un peu maladroite. En particulier, ce qui légitimait l'élite française en 1938, c'était le sentiment qu'elle avait gagné une guerre vingt ans auparavant, et qu'elle serait capable de gagner la suivante. Et la France était face au péril imminent d'une Allemagne remilitarisée, animée par la volonté de prendre sa revanche sur l'humiliation du traité de Versailles. C'est très différent aujourd'hui. L'élite française contemporaine n'a gagné aucune guerre (sauf au Mali, mais c'est un peu léger) et ne peut nullement justifier son maintien au pouvoir par la nécessité de protéger le pays contre un péril clairement identifié.

De ce point de vue, je préfère largement la comparaison avec la France de Louis XVI et avec la Cour de Versailles. Nos officiers d'état-major, pour reprendre la comparaison, sont majoritairement des petits marquis, des enfants bien nés comme avait dit je ne sais plus quelle "ministresse" de Fillon, qui on grandi avec une petite cuillère d'argent dans la bouche et qui sont bien décidés à saigner la bête jusqu'à la dernière goutte pour préserver leurs privilèges.

Leur incapacité à réformer l'Etat pour le rendre économe et efficace constitue le meilleur symptôme de cette réaction nobiliaire qui frappe la France d'aujourd'hui, comme elle frappait la France de 1788. Comme Louis XVI, François Hollande est un monarque qui règne mais qui ne gouverne pas. En dehors du constat de son immense impuissance à changer la réalité, et en dehors de ses poésies jaculatoires sur la reprise qui est là, composés sous l'effet de champignons hallucinogènes, il n'a guère d'occupation.

Si ce ne sont pas les politiques au pouvoir qui dirigent la France, qui tient les rênes, qui tire les ficelles, qui sont les véritables décideurs ?


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