mercredi 17 juillet 2013

Retraite : les inégalités entre privé et public sont elles réelles ? par RCS


Bien qu'à ce jour nous ne sachions pas ce que nous mitonnent le gouvernement et les "partenaires sociaux" et que nous ne savons donc pas si les régimes spéciaux seront touchés, si les modes de calculs seront modifiés ou si le départ à la retraite va osciller entre 52 et 75 ans, patientons en jetant un petit coup d’œil sur les différences réelles ou fantasmées entre le privé et le public.


" Nos militaires ont trouvé un moyen très lucratif de sonner leur retraite : 
ils se font donner du galon juste avant de raccrocher. A la différence de celles du privé, ­assises sur les vingt-cinq meilleures ­années de salaire, les pensions de la fonction publique sont en effet calculées sur les six derniers mois de rémunération, primes comprises. Il suffit donc d’accorder une promotion à n’importe quel agent moins d’un an avant son départ pour lui garantir un excellent niveau de vie jusqu’à la fin de ses jours. Il faut croire que beaucoup de colonels profitent de l’aubaine, car l’armée française compte aujour­d’hui 630 généraux en ­activité (autant qu’en 1914 !) et 5 500 en préretraite
Mais nos régiments sont loin d’être les seuls à jouer à ce petit jeu. Régulièrement dénoncée par la Cour des comptes, cette pratique du «coup de chapeau» permet d’arrondir les pensions d’un fonctionnaire sur cinq. Jean-Christophe Le Duigou, le ­négociateur des ­retraites pour la CGT, en sait d’ailleurs quelque chose : cet ancien inspecteur des impôts a été bombardé conservateur des hypothèques – l’un des postes les mieux payés de la républiquedix mois avant l’heure des charentaises.
On croyait pourtant que c’en serait fini de ces privilèges éhontés. François Fillon (en 2003) et Nicolas Sarkozy (en 2007) n’avaient-ils pas lancé tour à tour deux réformes censées les faire disparaître ? 
Et aligner progressivement les régimes de ­retraites du secteur public sur ceux du privé ? 

«Dans quelques années, vous verrez», avait promis Sarkozy. Eh bien, c’est tout vu.

Six ans après, non seulement les écarts entre les systèmes n’ont pas été réduits, mais ils se sont creusés. Et la France des tempes grises est plus que jamais coupée en deux. Côté pile, des régimes aux petits oignons bourrés d’avantages, un âge de départ oscillant entre 54,5 et 58,4 ans, une pension moyenne de 1 757 euros par mois et un taux de remplacement du dernier salaire inébranlable (pour les agents ayant eu une carrière complète dans la fonction ­publique). Côté face, la soupe à la grimace que l’on sait, un âge de départ effectif de 62,2 ans, une pension moyenne d’à peine 1 166 euros, et un taux de remplacement qui s’effondre même pour les ouvriers. Et ce n’est pas demain que cela va changer.

La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a beau jurer que les prochains efforts seront «partagés par tous les Français», la ­réforme que nous prépare ­François Hollande ne ­prévoit en effet pas la moindre mesure pour combler cet incroyable fossé. Celui-ci a en effet annoncé une réforme du mode de calcul des pensions des fonctionnaires sur la moyenne des 10 dernières années de traitements (contre les 6 derniers mois actuellement), mais en incluant leurs primes ! Ce qui revient, selon les spécialistes, à peu près au même.

Mais comment des avantages dénoncés depuis tant d’années ont-ils pu résister à toutes les réformes ? 
C’est simple : l’abolition de chaque privilège a été discrètement compensée par un mécanisme permettant aux salariés concernés d’avaler la pilule. C’est ainsi que l’ajustement progressif de la durée de cotisation des agents de l’Etat sur celle des travailleurs en entreprises, décidée en 2003, a été contrebalancé par l’intégration des primes dans le calcul des pensions, une avancée que ­réclamaient les syndicats depuis des lustres. Pis ! dans la plupart des cas, Bercy a pris la totalité de l’effort à sa charge

Et ce n’est pas rien, puisque cela devrait coûter près de 1,7 milliard d’euros par an, financés par le contribuable.

Les agents de la SNCF, d’EDF, de la RATP, de la Banque de France ou de l’Opéra de Paris bénéficient d’une situation encore plus avantageuse que leurs camarades. Eux aussi ont dû accepter, en 2007, de cotiser un peu plus longtemps, du moins sur le papier. Mais en contrepartie, Nicolas Sarkozy a pris des mesures pour assurer à ces 480 000 ayants droit que le taux de remplacement de leurs salaires se maintiendrait dans le long terme. C’est ainsi que les électriciens et les agents de la RATP ont respectivement touché des augmentations de 4,31% et 2,4% pour couvrir l’alignement de leurs cotisations sur celles du privé, que des grades supplémentaires ont été créés à la SNCF, et que des primes individuelles de perte de pouvoir d’achat ont été versées aux vernis de la Banque de France. Bien plus choyés encore, les aiguilleurs du ciel ont carrément obtenu une prime qui leur garantit une pension… supérieure à leur dernier revenu d’activité. Dénommée allocation temporaire complémentaire, elle s’élève à 1 137 euros par mois pendant les huit premières ­années, puis à 617 euros au cours des cinq suivantes.

Tous ces avantages ont été accordés aux agents sans exiger qu’ils mettent davantage la main à la poche. A preuve : les subventions d’équilibre versées par l’Etat aux régimes ­spéciaux devraient culminer cette année à 7,6 milliards d’euros, soit 1,7 milliard de plus qu’avant leur «réforme» par ­Nicolas Sarkozy, en 2007. Mais le pompon va à EDF, qui impose encore aujourd’hui sur ses ­factures une contribution tarifaire d’acheminement (CTA), en fait une taxe destinée à faire financer les privilèges de ses retraités par ses clients
Le plus cocasse, c’est que les agents EDF ne la paient que très peu, dans la mesure où leur facture d’électricité ne représente même pas 5% du tarif public.
S’ils sont assurés de garder des pensions confortables, les agents du secteur public continueront aussi à décrocher plus tôt que les salariés du privé. Toujours à la faveur de trains entiers de compensations glissées sous la table. Ainsi, l’âge légal du départ a bien été ­repoussé en 2010 de 50 à 52 ans pour les 16 000 roulants de la SNCF. Mais cette mesure très théorique ne les empêchera pas, s’ils le souhaitent, de lâcher les manettes dès la cinquantaine : un compte épargne-temps très généreux leur permet en effet de rester salariés de l’entreprise ferroviaire tout en cultivant leur jardin dans ­l’attente de la vraie retraite.


De plus, tous les salariés en «service actif» du secteur public, considérés comme des emplois pénibles, continuent de recevoir une année de cotisation cadeau pour trois ou quatre travaillées. Un tiers des effectifs, notamment les policiers et les infirmières, bénéficient de cet avantage. Les agents encaissent aussi un semestre de cotisation gratuite par enfant à charge, ce qui leur permet de partir plus tôt. Mais qu’ils soient rassurés : ­aucun député n’ira sans doute exiger l’alignement, au nom de l’équité, de leur âge de départ sur celui des ouvriers. Leur propre régime permet en effet aux parlementaires de prendre une retraite à taux plein après quatre mandats et demi, soit... 22,5 ans de cotisation. Un petit plus ­auquel ils ­restent très attachés. "

Etienne Gingembre sur Capital.fr

9 commentaires:

Anonyme a dit…

plein d'optimisme lorsqu'on regarde ce site http://www.cheminotcgt.fr/new_site/mobilisation_2013.html

Le plus merveilleux c'est le tract en bas de la page.. que du bonheur

Anonyme a dit…

C'est cela LA JUSTICE SOCIALE et L'EQUITE vues par le PS.
Combien d'élus, d'encartés ou de syndicalistes Fonctionnaires déjà ?

BONNE FETE A MONSIEUR SUBIRANA

Anonyme a dit…

La France est le pays Européen ou le poids de la fonction publique et des fonctionnaires par rapport à la population active est le plus lourd.
Ce qui rend le pays inréformable.

Voila pourquoi tot ou tard nous nous retrouverons au niveau de la Grèce et la il faudra tailler à la hache comme ça arrive cette semaine la bas

"les fonctionnaires devront choisir entre mutation ou licenciement, les actuels employés de l'Etat pourront être remerciés s'ils refusent, entre autres, d'être mutés.
des milliers de fonctionnaires, dont des enseignants et des policiers municipaux, acceptent d'être mutés à d'autres fonctions dès cet été. 4.200 d'entre eux doivent ainsi être redéployés d'ici à la fin du mois. Le plan de mutation entérine le fait qu'ils devront travailler huit mois avec un salaire réduit avant d'accepter une nouvelle proposition. S'ils refusent leur mutation, ils devront quitter la fonction publique, malgré leur statut de fonctionnaire. "

Certains syndicats jusqu'au boutistes feraient bien de réfléchir aux conséquences futures de leur intransigeance, parce que ce ne sont pas les salariés du privé qui vont payer, ce sera leurs propres troupes, qu'ils auront menés en bateau et droit dans le mur.

Anonyme a dit…

@11:31, c'est la ou les électeurs de gauche se mettent le doigt dans l’œil : Après les avoir caressé par du "mon ennemi c'est la finance " on fait rien contre pire du redressement productif au premier des ministres les conseils viennent en nombre d’où ? A c'est sur les défenseurs du tout état, cumulards, copinage et clientéliste à souhait vont venir nous dire " c'est la faute à goldman, pas celui de là bas.. celui de sachs. Mais en retenant la leçon on aurait fait quoi : lutter contre la fraude fiscale, réduire les dépenses de l'état, limiter le travail au black et supprimer le millefeuille, seulement comme pour les 35 heures les enarquos-aparatchicko-socialo francais savent mieux que le reste du monde. Et donc lorsque les entreprises ( patrons et salariés ) ne pourront plus faire vivre la sangsue la seule alternative sera de réduire le traitement des fonctionnaires et les retraites.. Comme pour le reste les grands idéologues de l'égalité et du social n'en sont que les fossoyeurs.

Anonyme a dit…

Nous ressemblons beaucoup à la Grèce et grâce à la modification de la loi concernant les auto entrepreneurs nous nous en rapprochons davantage. Ce statut avait une vertu limiter le travail au noir, le pénaliser c'est pousser les gens à fonctionner comme en Grèce, qui comme nous fait l'élevage de fonctionnaires clientéliste.

RCS a dit…

Désolé pour Reboussié : il ne s'agit pas d'une censure mais d'une mauvaise manipulation

Anonyme a dit…

Bonsoir, si vous avez l'occasion de promener le mercredi, lors du marché nocturne de Pont, demandez à ces commerçants ambulants leurs statuts, bon nombre vous diront qu'ils sont autoentrepreneur. Et notre ministre veut les mettre demandeurs d'emploi, alors qu'ils ont créé leur propre emploi, car ce statut ne donne pas droit au chomâge, car pas de cotisations.
Ecoeuré, dégouté pour ces travailleurs (ses) petits commerçants.

Bonne fête à Frédéric

Anonyme a dit…

Les syndicats fourbissent leurs armes pour la rentrée il parait !!
Mais ils ont tous appelé à voter Hollande, ont choisit le discours démago et mensonger de Hollande au sujet des retraites et notamment la promesse de la continuité du départ à 60 ans alors que tous savent que la situation économique ne le permet plus depuis longtemps !
Alors quelle est leur crédibilité aujourd'hui, des menteurs tous, comme les socialistes qui n'ont cessé de nier la crise durant tout le quinquennat Sarkozy et qui aujourd'hui la rende responsable des mauvais résultats qui sont les leurs.... c'est le bal des faux-culs !
Mais quand on est au bal, il faut danser, et les salariés du privé les feront danser... ils peuvent s'y préparer, ça suffit de jouer la carte fonctionnaire au détriment du privé.

Anonyme a dit…

Acte 1

Pontault-Combault : la maire PS condamnée pour un faux mariage.

Monique Delessard, qui est aussi la vice-présidente socialiste du conseil général de Seine-et-Marne, a en effet été condamnée par la cour d'appel de Paris à 15 mois de prison avec sursis et à une peine d'inéligibilité pour avoir marié illégalement l'ancien député-maire, alors qu'il était à l'article de la mort.

La cour d'appel a condamné Monique Delessard à trois ans de privation de ses droits civiques, une peine impliquant son inéligibilité.
Mais l'élue socialiste a indiqué qu'elle allait se pourvoir en cassation.
Le 4 mars 2009, le tribunal correctionnel de Melun l'avait déjà jugée coupable d'avoir «falsifié un acte administratif».

Acte 2

Curieuse décision de justice... Monique Delessard en sursis

Monique Delessard reste maire et conseillère générale de Pontault-Combault. L’élue s’était pourvue en cassation pour faire annuler sa condamnation, l’an dernier, à quinze mois de prison avec sursis et une peine d’inéligibilité de trois ans, pour avoir marié illégalement Jacques Heuclin, son prédécesseur, alors qu’il était dans le coma sur son lit de mort.


Après trois semaines de délibération, la juridiction suprême a décidé ce mercredi après-midi d’annuler le jugement prononcé l’an dernier en appel.
La Cour de cassation, qui n’a pas tranché l’affaire sur le fond, a ordonné le renvoi du dossier devant la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris.

Les faits remontent au 30 octobre 2007, veille de la mort de Jacques Heuclin, alors maire socialiste de Pontault-Combault.
Alors que l'élu était hospitalisé à Paris, sa concubine, Armelle Reffait, avait demandé à la mairie de les marier in extremis. Monique Delessard, son directeur de cabinet Serge Crippa, son adjoint Gérard Briaud et la secrétaire de mairie sont soupçonnés de s'être prêtés au jeu.
Selon l'acte de mariage, Jacques Heuclin aurait dû se trouver le 30 octobre 2007 à son domicile de Pontault-Combault pour dire oui à sa concubine, alors qu'il était dans le coma, intubé et intransportable, dans un hôpital à Paris.


Acte 3

Un fonctionnaire de la mairie de Pontault-Combault (Seine-et-Marne) Jérome Morin, a été mis en examen après la publication en 2011 d'un pamphlet sur la fonction publique qui a incité la mairie à déposer plainte pour diffamation.
Le titre de l'ouvrage : "Abruti de fonctionnaire".

Ce cadre de 39 ans avait publié en octobre 2011 sous le pseudonyme d'Henri Rouant-Pleuret un livre intitulé "Abruti de fonctionnaire" dans lequel il avait masqué le nom de la municipalité visée.
La ville avait déposé plainte contre X pour diffamation car le livre comprend "une attaque ouverte contre la ville et sa politique.

Dans son livre, cet ancien chef de service voulait dénoncer "sur un ton humoristique plusieurs années de harcèlement moral qui se sont finies par une mise au placard" et dire comment fonctionnent réellement" les administrations.

Dans une autre affaire, une employée au conseil régional d'Aquitaine, Aurélie Boullet, alias Zoé Shepard, s'était vu infliger en août 2010 dix mois d'exclusion, dont six avec sursis, pour le même motif après la publication en 2010 de son ouvrage "Absolument dé-bor-dée!", un pamphlet sur la fonction publique qui s'était vendu à 400.000 exemplaires.

sources: Le Parisien, L'Express, LCI.