mercredi 24 avril 2013

Il ne faut pas réformer l'état par Michel de Poncins

Il ne faut surtout pas réformer l'État et il faut le faire maigrir selon une méthode adaptée ce qui n'est pas évident.


Les politiques qui, en France ont imaginé des actions diverses pour prétendument le réformer étaient soit ignorants soit complices.

 Raffarin avait annoncé 230 mesures pour réformer l’État ce qui devait générer 500 millions d’euros d’économies. La chasse aux taille-crayons était ouverte, avec Francis Mer comme « Grand Veneur » qui avait réuni une commission de plusieurs dizaines de personnes pour organiser cette chasse !

François Fillon avait le projet de noter les ministres. Ce rôle de professeur était comique. Il les jugeait sur leurs aptitudes à faire passer des textes : cela revenait à leur capacité de nuire puisque le pays croule sous l'inondation de lois.
Une autre méthode fut la révision générale des politiques publiques (RGPP) qui consiste en une analyse des missions et des actions de l’État, suivie de la mise en œuvre de scénarios de réformes structurelles. Cette RGPP inaugurée en 2007 puis poursuivie en 2012 n'a guère donné de résultats probants. Elle ne le pouvait pas, car selon une vieille tradition républicaine elle dégageait une forte puanteur d'usine à gaz. La fausse droite laissant la place à la vraie gauche, celle-ci a voulu continuer mais autrement. Nous voilà partis vers un audit des politiques publiques qui doit se prolonger pendant tout le quinquennat. Adieu à la RGPP et bonjour à la MAP ou modernisation de l’action publique. Personne ne voit pourquoi cela marcherait mieux maintenant.

 LES OBJECTIFS AVOUES 
Les personnes au pouvoir depuis des lustres sont noyés dans la même idéologie super-étatique et ce quelle que soit leur place appartenance sur l'échiquier politique. Bien que lavés et relavés par la Pensée Unique Totalitaire ou P.U.T qu'ils alimentent comme d'autres, il leur reste assez de bon sens pour constater qu'ils agissent dans le vide.
En 2007 un audit avait dénoncé les dysfonctionnements : « Le travail de coordination interministériel connaît un emballement pathologique propre à la France ». Il y a trop de réunions interministérielles, trop de conseillers, trop de décisions prises sans l’avis des ministres, et le gouvernement ne parvient plus à travailler. Le phénomène s'est accru d'année en année. Les rapporteurs n'ont certes pas eu l'idée que le mal venait justement du nombre de ministres ! L'une des conséquences est la pléthore croissante des cabinets ministériels. Il en résulte de temps à autre la résurgence de l'idée de réformer l'État.
Les objectifs avoués n'ont rien d'absurde : dépenser mieux, être plus efficace, faire des économies. Pour justifier l'immense remue-méninge de la maladie réformite, les chiffres d'économies prévues sont calculés à grand renfort d'experts. Ils sont faux par nature ; s'ils étaient justes par miracle, ces économies ne seraient jamais réalisées, les administrations faisant le gros dos en attendant la fin de l'épidémie.

L'EXPLICATION DE LA REFORMITE 
Celle-ci se trouve dans l'obésité croissante de l'État, sur toile de fond d'idéologie socialiste qui répand l'effet de ruine dans tous le corps social. L'État prétend s'occuper de toute la vie nationale dans tous les détails, au lieu de laisser le marché jouer librement et il s’invente ainsi une foule de tâches et d'objectifs dans lesquels il n’est pas possible de mettre de l'ordre et qui sont souvent contradictoires. Tous les autres signes de la décadence de la France en découlent : inflation des ministères, inflation des conseillers et des « machins » inutiles, parlottes innombrables sans effet et sans intérêt, efforts perdus de coordinations impossibles, gaspillage inimaginable de temps et d’efforts.
 Dans un pays libre personne n’aurait l’idée d’infliger aux populations une horreur « bourreaucratique » comme le chèque-transport, faisant suite au chèque-déjeuner ou au chèque-vacances ! Chacun gèrerait les évolutions du prix des carburants dans le cadre du marché. Et l’exemple vaut pour la majeure partie des actions étatiques qui devraient donc être supprimées à grande vitesse, comme il est parfaitement possible de le faire. Jean-Louis Borloo est à lui seul un exemple emblématique. Étant l'auteur d'une parlotte mémorable du nom de Grenelle de l'environnement, il a inspiré 268 mesures. Celles-ci conduisent à l'inflation législative au nom de concepts aussi fumeux que le développement durable.

DÉGRAISSER LE MAMMOUTH 
L’État au fil du temps est devenu le Mammouth suprême, père de tous les Mammouths qui pillent la richesse nationale. Le rappel historique ci-dessus montre que le réformer est une tâche impossible. Ceux qui prétendent qu'un programme d'économies suffit sont des menteurs car la racine du mal subsistera. La seule solution est de supprimer totalement des tâches complètes : plus de bureaux, plus de formulaires, plus de contentieux, plus de ministère, plus de cabinets, plus de guerres internes, plus de circulaires, plus de parlottes... Si quelqu'un veut et peut le faire, nous tenons à sa disposition une première liste de tâches réellement idiotes à supprimer. Les lecteurs qui ne seraient pas convaincus peuvent constater qu'il existe depuis longtemps un ministère de la réforme de l'État : le Mammouth produit lui-même sa mauvaise graisse.

 MICHEL de PONCINS

13 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonsoir,
Entièrement d'accord mais, s'il n'y avait pas tous ces rapports, toutes ces parlotes, tous ces machins inutiles, tous ces bureaux et tout l'argent gaspillé à les payer, de quoi vivraient tous ces gens inutiles. Combien aurait-on économisé si nous avions eu un réferendum pour la loi " sur le mariage pour tous" ne pensez vous pas que toutes ces personnes sont là, pour percevoir de très bons salaires. Les gouvernants de droite comme de gauche font la même chose, trouver des planques pour ceux qui les ont aidés à prendre le pouvoir

Anonyme a dit…

Merci Rassemblement Des Contribuables, une de ses bibliographie,
"La République Fromagère ou comment les politiques font la fête avec l'argent des pauvres"

la classe moyenne devenue pauvre, le sentiment d'indignation enfle

Anonyme a dit…

Comment peut-on imaginer entrer dans une gestion efficace et efficiente de notre pays alors que dans le même temps, les électeurs remettent au pouvoir des élus condamnés par la justice ?
Ces mêmes électeurs ont bien moins de gentillesse avec un pauvre citoyen condamné pour les mêmes faits.
Et pour retrouver un boulot ?

Il était une fois a dit…

Il était une fois un roi qui voulait aller à la pêche.
Il appelle son météorologue et lui demande l'évolution pour les heures suivantes.
Celui ci le rassure en lui affirmant qu'il pouvait aller tranquillement à la pêche car pas de pluie.
Comme la reine vivait près de là où il irait, le roi revêtit ses plus beaux atours.
Sur le chemin, il rencontra un paysan monté sur son âne qui en voyant le roi lui dit: «Seigneur vaut mieux que vous rebroussiez chemin car il va beaucoup pleuvoir dans peu de temps."
Bien sûr, le roi continua en pensant: «Comment ce type peut il mieux savoir que mon spécialiste très bien payé qui m'a indiqué le contraire. Poursuivons. "
Et c'est ce qu'il fit ... et bien sûr il plu à torrents. Le roi trempé, sa reine se moqua de le voir dans un si piteux état.
Furieux, le roi retourna au palais et congédia son employé. Il convoqua le paysan et lui offrit le poste, mais le paysan refusa :
«Seigneur, je ne suis pas celui qui comprend quelque chose dans ces affaires de météo ni de climat, mais je sais que si les oreilles de mon âne sont baissées alors ça signifie qu'il va pleuvoir "
Et le roi a embauché l'âne...
C'est ainsi que commença la coutume de recruter des ânes pour les postes de conseillers les mieux payés.

L'Amiral Pédalo a dit…

Elle est excellente et c'est tellement vrai.

L'Amiral Pédalo a dit…

Elle est excellente et c'est tellement vrai.

Anonyme a dit…

les chiffres du chômage ont atteint le record, entre les ânes et les moutons, on n'est pas sorti de l'auberge.
Un avenir MAUX ROSES !

Anonyme a dit…

bonjour et merci RCS
toujours pas de site de l'AGGLO,après 4 mois d'existence ?
La transparence éco-citoyenne ne doit pas être une priorité ? ont ils au moins des conseilleurs, à ne pas confondre avec conseillers, pour cette communication éco-nomique

Anonyme a dit…

"Le vrai chiffre du chômage : 5.348.500 chômeurs toutes catégories confondues, soit près un taux de chômage réel de près 19%. En catégorie A, celle qui est la plus médiatisée, le record de 1997 est tristement battu depuis l’annonce du 25 avril avec 3.224.600 chômeurs."
.................
" La politique de l’emploi du gouvernement consiste à mettre en place des emplois aidés, financés par les contribuables, pour être utilisés par un secteur public, financé aussi par les contribuables. Mais loin d’embaucher, notamment avec les empois d’avenir, les administrations et les associations rechignent à employer car elles aussi sont à cours d’argent. Seulement 10.000 emplois d’avenir sont signés à ce jour depuis le 1er janvier 2013 : il aurait dû y en avoir 25.000 pour atteindre ensuite les 100.000 à la fin de l’année. Le gouvernement aura de la chance si 50.000 emplois d’avenir sont signés d’ici là."
.................
"Il faut agir Monsieur Hollande, mais agir en faveur des entreprises en les soulageant du fardeau fiscal, seul moyen pour relancer les embauches. Sinon, on peut craindre que dans huit mois, la France ne ressemble au mieux à l’Italie, au pire à la Grèce."

http://www.lecri.fr/2013/04/26/urgence-53-millions-de-chomeurs/40062


Le changement NORMAL, c'est pour quand ?

Anonyme a dit…

LA PHRASE DU JOUR:
"C'est la première fois de ma vie que je vois que ça va si mal".

http://www.midilibre.fr/2013/04/27/le-front-de-gauche-se-constitue-en-association,686801.php

et une leçon de savoir vivre et de politesse :
http://www.lepoint.fr/politique/regardez-la-lecon-de-savoir-vivre-de-monsieur-lenglet-a-melenchon-26-04-2013-1660400_20.php

wesh, wesh,! l'humain d'abord ?????????????????

Déçue a dit…

Bonjour, c'est quoi "l'humain d'abord" ?
Les autres partis, c'est "les fleurs d'abord", "les animaux d'abord","les nuages d'abord" ?
Mais effectivement, moi aussi c'est la première fois de ma vie que je vois que ça va si mal, et pourtant j'avais mis tous mes espoirs dans le PS
On ne m'y reprendra plus


Anonyme a dit…

Dans la déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen les élus sont compris dedans ? Ou ils sont au dessus ?

UBU a dit…

La phrase du jour " les entreprises doivent s'adapter à la crise, sans pour autant licencier " M.Sapin sur Itélé