mercredi 30 janvier 2013

Demain les fonctionnaires manifestent par Claude Jaillet


A l’appel de plusieurs syndicats, CGT en tête, les fonctionnaires réclament des augmentations de salaire alors que le pouvoir d’achat des Français est en berne.
 
Demandez le programme ! 
 
Les fonctionnaires qui manifesteront le 31 janvier 2013 à l’appel de la CGT  , de la FSU et de Solidaires réclament notamment l’abrogation du jour de carence en cas de maladie , des embauches et de meilleurs salaires.
 
Même si FO et la CFDT ne participent pas directement à ce mouvement, ces deux organisations estiment que le gouvernement n’est pas aveugle et qu’il devra « faire un geste » lors des discussions salariales qui s’engageront le 7 février prochain.
 
Un geste, mais pourquoi ? Même si, pour la quatrième année consécutive, il n’y a pas d’augmentation générale des salaires dans la fonction publique, les fonctionnaires ne sont pas à plaindre. Ce sont les chouchous de la République.
S’ils s’estiment sous-payés, les contribuables sont en droit de penser qu’ils le sont beaucoup trop !
A priori, la garantie de l’emploi qui leur ait accordé devrait justifier une différence de salaire importante en faveur du secteur privé. C’est l’inverse qui se produit.
 
Selon le dernier rapport annuel sur la fonction publique, le salaire net moyen d’un agent de la fonction publique d’Etat (FPE) se montait à 2 459 euros en 2010…. soit 330 euros de plus qu’un salarié du secteur privé !
 
Le salaire d’un cadre masculin de la FPE atteignait ainsi 3 252 euros par mois contre 2 759 euros pour un cadre féminin, l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes étant, par ailleurs, plus faible dans le public que dans le privé.
En faisant la somme de tous les avantages (retraites…) accordés aux employés de l’Etat, on peut être deux fois mieux rémunéré, tout compris, dans le public que dans le privé.
 
Pour éviter ce constat, les syndicats du secteur public ont fait abroger l’article 15 de la loi Le Pors de 1983 comparant les salaires du public et du privé tous les deux ans. Mais l’Insee continue établir ce comparatif dans son « portrait social » du pays. Le gouvernement, soucieux de préserver sa base électorale, fait mine de l’ignorer.
 
Suppression de la rémunération au mérite mais pas des primes
Toujours plus ! Si elle est coincée sur un plan budgétaire, Marylise Lebranchu, le ministre de la Fonction publique, a déjà indiqué que la rémunération des fonctionnaires selon leurs performances sera supprimée car elle n’est pas « adaptée » à la fonction publique.
 
L’idée est de revenir sur la prime de résultats (PFR), lancée par le gouvernement Fillon il y a 4 ans. Elle concerne aujourd’hui environ 60.000 cadres de la fonction publique, primés s’ils atteignent leurs objectifs de production.
Dorénavant, qu’ils s’agisse de bourreaux de travail ou de tire-au-flanc, ces fonctionnaires seront augmentés de la même manière, les syndicats estimant que le mérite individuel ne doit pas être encouragé.
 
Les primes touchées par les fonctionnaires concernés par cette méritocratie ne disparaîtront pas pour autant.
Elles seront pérennisées dans le cadre d’une future harmonisation interministérielle. Elle reposera sur un concept que Marx et Engels n’auraient pas dédaigné : la contribution individuelle au travail collectif…
 
La contrepartie du mistigri budgétaire sera d’augmenter le coût financier de la fonction publique. Ce coût est déjà énorme. Il représente 13,5% du PIB français contre 7,5% en Allemagne.
 
C’est en diminuant le nombre d’agents publics que la plupart des pays parviennent à compresser leurs dépenses publiques. La France fait tout l’inverse. Les Allemands ont réduit les effectifs de fonctionnaires de 2,2 millions depuis 1990. La France les a augmentés de 1,5 million en 23 ans.
 
Et côté rémunération, Marylise Lebranchu fait germer l’espoir, histoire de calmer les manifestants : dans l’entourage du ministre, on indique qu’en cas de redémarrage de la croissance, les fonctionnaires seront les premiers à bénéficier d’un relèvement de leurs points d’indice, une fourchette de 0,5/0,7% étant évoquée en catimini.
Voilà qui promet de nouvelles ponctions fiscales et fournit aux contribuables un véritable motif de manifestation !

9 commentaires:

Crazuki a dit…

C'est surement par solidarité avec les salariés du privé qui perdent leur emploi parce qu'à force de charges ( impôts et taxes ) les produits de leur entreprise ne trouve pas suffisamment d'acheteur parce qu'à cause de la baisse de leur pouvoir d'achat ( impôts et taxes )...

Au fait ils servent à payer quoi ces impôts ?

Anonyme a dit…

Il faut bien que le public se bouge parce que le privé descendra pas dans la rue.

nicole grenet a dit…

le slogan dans le temps c'était les fonctionnaires moins payés mais sécurité de l'emploi.

Maintenant ils ont toujours la sécurité de l'emploi des salaires à
peu près équivalent à ceux du privé la retraite calculée de manière très très avantageuse.
descendre dans la rue avec tous ces chômeurs c'est honteux

Anonyme a dit…

Il ne faut pas généraliser parce qu'au même titre que les salariés du privé ne travaille pas tous dans les groupes du CAC40, les fonctionnaires ne sont pas tous des privilégiés, les sans grade de la territoriale sont très proche des ouvriers du privé et comme eux ils ne seront pas dans la rue mais au boulot

Anonyme a dit…

Vous croyez encore que les syndicalistes professionnels sont connectés à la réalité ?

fonctionnaire a dit…

une précision tout de même, il y a de nombreux fonctionnaires ouvriers voir ouvrière, à l'image des femmes de ménage de notre commune et de notre hôpital qui sont très loin des salaires affichés dans cet article.
Par contre effectivement,il reste des écarts :
1. Recrutement : entretiens dans le privé, concours dans le public

2. Pas de licenciement pour les fonctionnaires titulaires

3. Salaires : en moyenne plus élevés dans le public

4. Temps de travail : en moyenne inférieur dans le public

5. Mobilité : bien plus forte dans le privé

6. Allocations familiales : les agents publics cumulent avec le supplément familial de traitement

7. Cotisations sociales : moins chères pour les fonctionnaires

8. Retraites : un régime plus favorable dans le public

9. Des logements de fonction moins imposés dans le public

10. Arrêts maladie et absentéisme, fléau de la fonction publique

http://www.ifrap.org/Public-prive-les-10-differences,12636.html

Je re-descendrai dans la rue, quand les fonctionnaires revendiqueront les DROITS POUR TOUS, contrats d'état précaires (on a connu les TUC, les CES, les CEC puis les CAE) travaillant dans les établissement publics et salariés du privé inclus

A force de vouloir tirer vers le haut, l'écart se creuse.
La CGT avec les salariés précaires , citoyens à temps partiel subi ??? grattez moi sous les aisselles que je ris

Louis N a dit…

Madame Grenet concernant la sécurité de l'emploi cela risque de ne plus être vrai pour tous. Pas pour ceux qui font un métier au combien difficile tels que les infirmiers et les enseignants mais les territoriaux. Il y a la possibilité que l'on puisse leur proposer soit l'intégration dans l'entreprise privée prenant en charge la prestation ou la mise à disposition du CDG.
Regardez ce qui c'est passé pour le rammassage des ordures à l'agglo. A moins que je n'ai manqué un épisode je n'ai pas vu de manifestation des syndicats ni de grêve

FS a dit…

Même si les médias réservent leur exclusivité à une guerre sans affrontements et au bon mots de nos élus dans le cadre d'un débat sur une loi au combien capitale dans le contexte actuel, les français eux ont d'autres préoccupations :

Pouvoir d'achat et Chômage

Si les centrales syndicales du public décidaient de se battre pour réduire les disparités monstrueuses entre un fonctionnaire et un autre dans un premier temps elles gagneraient en crédibilité.

Alors que le chômage augmente de façon exponentielle et que le pouvoir d'achat, notamment grâce aux impôts, se réduit de plus en plus, une telle grève a quelque chose d'indécent.



Anonyme a dit…

Et voilà, un article pour monter encore un peu plus les gens, les uns contre les autres....