vendredi 5 octobre 2012

Coup de théatre sur le bonus/malus énergétique à l'assemblée par Nicole Grenet

Les députés de l'UMP, de l'UDI et du Front de gauche, hostiles à la mesure, ont quitté l'hémicycle avant son adoption. Le texte visant à instaurer des tarifs progressifs sur l'énergie concernera les résidences principales de l'ensemble des ménages français.

L’assemblée nationale a adopté, dans la nuit de jeudi à vendredi, après le départ fracassant des députés UMP, centristes et Front de gauche, la proposition de loi PS visant à créer un bonus/malus sur la facture d'énergie des consommateurs et à étendre les tarifs sociaux. Le texte, qui sera débattu par les sénateurs à compter de la mi-octobre, a été voté à l'unanimité par la quinzaine d'élus socialistes présents, l'écologiste Denis Baupin présidant alors la séance. Les députés de l'UMP, de l'UDI et du Front de gauche, qui avaient par avance annoncé qu'ils voteraient contre le texte pour des raisons de fond différentes, avaient quitté l'hémicycle environ une demi-heure avant pour protester contre l'introduction de mesures assouplissant la règlementation de l'éolien.
Les débats, marqués jeudi par une longue bataille de l'UMP contre la création d'un mécanisme de bonus-malus d'ici à un an environ, ont dérapé lorsque l'ordre de la discussion a été modifié pour examiner des amendements du gouvernement soutenus par EELV et censés faciliter l'essor de l'éolien en métropole et outre-mer. "Ne transformez pas à 2 heures du matin en fin de semaine la France en un immense ventilateur. On vous laisse faire seuls cette horreur qui ne passera pas la barre du Sénat", a lancé l'UMP Martial Saddier, avant de sortir de l'hémicycle en dénonçant des "droits du Parlement bafoués" et "un passage en force". Avis inhabituellement proche de celui du chef de file des députés Front de gauche, André Chassaigne : "N'allons pas faire passer comme ça de façon cavalière quelques amendements pas réfléchis pour satisfaire quelques intérêts particuliers ou d'industriels." "J'ai honte pour vous", a-t-il lancé.
Récusant l'absence de discussion sur le sujet, la ministre de l'Écologie Delphine Batho a invoqué "l'urgence" à défendre "un certain nombre d'entreprises et d'emplois" du secteur. Et elle a affirmé que "ce n'est en aucun cas une dérèglementation généralisée". L'écologiste Denis Baupin s'est étonné d'"indignations sélectives" des autres députés.

Des données collectées en même temps que la feuille d'impôt

Le coeur de la proposition de loi visant à préparer la transition vers un système énergétique sobre pose le principe du calcul d'un volume de base, établi selon le nombre d'occupants, le lieu d'habitation et le mode de chauffage, avec trois paliers correspondant aux besoins les plus essentiels jusqu'au superflu. En commission, les députés ont ajouté, contre l'avis du gouvernement qui a sans succès essayé d'y revenir en séance, le critère de l'âge considérant que les personnes âgées devaient davantage se chauffer et a pris en compte les appareils spécifiques comme les appareils respiratoires. Un amendement de l'UMP a été adopté jeudi pour améliorer la prise en compte des déménagements pour le calcul du volume de base, tandis que la prise en compte des résidences secondaires voulue par les écologistes a été rejetée. Toutes les données seront collectées en même temps que la feuille d'impôt, et transmises sous forme de barème aux fournisseurs.
Cette tarification progressive de l'énergie ne pourra être effective que fin 2013-début 2014 vu sa complexité. La droite n'a d'ailleurs cessé de dénoncer "une usine à gaz" et une logique de "prix administrés", là où le gouvernement et le PS ont vanté une "première étape" vers un nouveau modèle encourageant les économies d'énergie. La réduction des "avantages" tarifaires sur l'énergie consommée par les salariés d'EDF et GDF, réclamée par l'UMP au nom de l'équité, a été rejetée jeudi soir, la gauche unanime insistant sur le respect d'un accord d'entreprise de l'après-guerre et dénonçant une stigmatisation.
Autre mesure phare du texte : l'extension des tarifs sociaux de l'énergie. "Aujourd'hui, 650 000 ménages en bénéficient, avec ce texte nous en aurons 4,2 millions, c'est une avancée considérable", a plaidé le rapporteur PS François Brottes, également président de la commission des Affaires économiques. En coût, "on va être autour de 630 millions d'euros de plus, ce n'est pas une paille. Le financement proposé est le financement traditionnel (...) la solidarité portée par l'ensemble des acteurs économiques et domestiques du pays", a-t-il précisé.


Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Julien Gérard / AFP

Sources : Le point.fr

8 commentaires:

Anonyme a dit…

A terme une CMU énergétique ? Ou au final plus un non imposable consommera plus un imposable payera ?

Anonyme a dit…

Lorsqu'on parle d'extension de 650 000 à 4 200 000 les tarifs sociaux. Que les contribuables qui payent pour 650 000 payeront pour 4 200 000 demain ? Génial donc pour être dans une logique de déresponsabilisation nous ferons la guerre à nos enfants pour qu'ils ne laissent pas les fenêtres ouvertes pour permettre au voisin de faire courant d'air en hiver à nos frais !! Plus belle la vie

Anonyme a dit…

Anonyme de 00:10 il ne faut pas te leurrer ce n'est qu'un premier pas. C'était dans le programme d'hollande pour l'eau le gaz et l'électricité. Avec un peu de chance suivant ou tu habites même si tu n'as pas le gaz de ville tu auras peut être droit à une facture.

Anonyme a dit…

Ce projet de bonus malus va t'il être appliqué aux collectivités ?

Un autre projet, celui de faire payer un loyer aux propriétaires qui ont terminé de payer leur maison ???? j'ai pas bien compris, les propriétaires seraient locataires ? donc inutile d'acheter pour faire un investissement durable (dixit), cela fait double frais.

Dés qu'il y a une taxe sur l'amour, j'arrête !!!!!!!

Classe moyenne qui avons économisés pendant 30 ans, on est mal.

Anonyme a dit…

Anonyme de 10:20 ils peuvent toujours faire passer leur loi mais après il faudra expliquer pourquoi le conseil constitutionnel alors qu'il refuse la baisse du salaire du président et des ministres pour au final avoir plus de ministres payés pareils validerait un doublon avec le foncier non ? Pour la taxe sur l'amour cela s’appelle la ré ouverture des maisons closes !! lol

Anonyme a dit…

Ras le bol de cette politique d'assistanat qui déresponsabilise les gens, oui à la solidarité nationale mais que nos politiques balaient devant leur porte et donnent l'exemple. Ils sont tous les mêmes, il n'y en a pas un pour racheter l'autre et les contribuables sont des moutons que l'on tond taxe après taxe.

Anonyme a dit…

pour sûr anonyme de 12:20, il faudra surtout aussi que les militants de notre gouvernement s'expliquent sur diverses autres choses:
- droits de succession augmentés, soit difficultés pour la classe ouvrière moyenne de transmettre sa petite maison évaluèe à 100 000 euros à ses enfants, si j'ai bien compris.
- les millions dépensés pour les ordinateurs de nos élèves sans toutefois éviter le port de cartables très lourds
- et tant d'autres contributions
Explications à donner avant 2014 aux ouvriers moyens qui se lèvent tôt.

nicole grenet a dit…

le sénat vient de dire non

avec ce gouvernement pour chaque texte il faut attendre les ordres et les contrordres .....puis les aménagements ou l'abandon pur et simple

ATTENDONS...
NICOLE GRENET